1920-2020 : 100 ans d’édition au Québec

Cent ans plus tard, l’édition littéraire québécoise se porte bien, très bien même!

Collaboration spéciale – Gaëlle Leruste, Castor littéraire

L’édition a pris son essor au Québec dans les années 1920, sous l’impulsion du nationalisme canadien-français et de l’alphabétisation massive. Au début du siècle dernier, des intellectuels francophones, comme Henri Bourassa et Lionel Groulx, prônaient l’émancipation culturelle du Canada français dans leurs livres et dans des journaux, dont Le Devoir et l’Action française. L’apparition des premiers éditeurs a permis de concrétiser ce rêve, devenu réalité aujourd’hui grâce à l’émergence d’une identité culturelle forte et distincte en Amérique du Nord.

Le métier d’éditeur s’est progressivement imposé, devenant le trait d’union entre les différents acteurs d’un milieu culturel en devenir. Des éditeurs indépendants, comme Albert Lévesque, Albert Pelletier ou Alfred DesRochers, ont joué un rôle-clé dans la naissance d’une culture littéraire canadienne-française en publiant les grands auteurs de l’époque, qu’on pense à Germaine Guèvremont (Le Survenant, réédité à la Bibliothèque québécoise), Claude-Henri Grignon (et son roman Un homme et son péché, édité chez Stanké) ou Alain Grandbois (et son recueil de poésie Les îles de la nuit, qu’on peut trouver au Préfacier). Les éditeurs ont ouvert la voie à de nouvelles idées en phase avec leur époque.

Que reste-t-il des graines semées par les premiers éditeurs? Cent ans plus tard, l’édition littéraire québécoise se porte bien, très bien même! Une vingtaine de maisons a vu le jour depuis 2000, dont Marchand de feuilles, La Peuplade, Alto, Le Cheval d’août, La Pastèque, Mémoire d’encrier, etc. Elles relaient les voix importantes contemporaines, comme celles de Naomi Fontaine (Manikanetish, Mémoire d’encrier), Anaïs Barbeau-Lavalette (La femme qui fuit, Marchand de feuilles), Éric Dupont (La fiancée américaine, Marchand de feuilles) ou Larry Tremblay (L’orangeraie, Alto). Ces maisons assument une signature éditoriale forte, parfois engagée, bâtissent des communautés de lecteurs et remportent des prix. La littérature québécoise, riche, vivante et ouverte sur le monde, fait rayonner la province par-delà les frontières. À vous de la (re)découvrir!