Attention, les murs du Vieux-Montréal sont vivants!

Du 21 mai au 2 septembre: du mardi au dimanche, dès la tombée de la nuit jusqu'à minuit!

Les murs ont des oreilles, et ceux du Vieux-Montréal ont aussi de la mémoire… beaucoup de mémoire même! Discrets et anonymes le jour, les murs du Vieux deviennent saillants et très bavards le soir. Ce qu’ils ont entendu ou vu au cours des derniers siècles, ils nous le révèlent sans retenue à la tombée de la nuit, comme si l’obscurité garantissait l’impunité.

Horaire des projections

Lorsque le Vieux-Montréal plonge dans la pénombre, personnages et événements marquants de l’histoire de Montréal reprennent vie et traversent briques, pierres, boiseries.

Sur un mur, le légendaire Maurice Richard, format géant, s’élance dans l’une de ses célèbres montées.

Sur un autre, Jackie Robinson, le premier joueur de baseball professionnel noir passe saluer les badauds, tout juste après que l’eut fait Marie-Josèphe Angélique, cette esclave noire pendue en 1734 pour, a-t-on dit, « avoir été à l’origine d’un incendie qui a détruit 46 maisons de la rue Saint-Paul. »

Plus loin, une autre façade fait revivre l’arrivée par train de milliers d’enfants juifs orphelins, tous rescapés des camps de concentration nazis et qui trouvent refuge à Montréal.

D’un mur à l’autre, chemin faisant, en passant par la ruelle Saint-Dizier, c’est une légende algonquine qui renaît alors que soudainement, dès vos premiers pas, la ruelle se transforme en rivière; encore quelques pas et la voilà devenue pré verdoyant.

L’incendie du Parlement de Montréal en 1849; l’étonnante histoire d’un soldat condamné à être le premier bourreau de Montréal en 1648, parce qu’il avait commis « le crime d’être gai »; les funérailles émouvantes du tavernier Joe Beef, en 1889, reconnu pour sa générosité légendaire : voilà autant de révélations que s’amusent à faire les murs jacasseurs du Vieux-Montréal.

Au final, 23 tableaux, plus de 50 points d’intérêt et 14 réalités augmentées, tout ça dispersé un peu partout dans le Vieux-Montréal, afin de faire revivre en paroles, en musique, en écrits, en action et avec de vrais personnages, les grands moments de Montréal.

Voilà ce qu’est Cité Mémoire, un hommage fort original rendu par une expérience multimédia unique au monde et accessible à tous gratuitement.


Pas simple de faire parler les murs du Vieux-Montréal

Pour une œuvre extraordinaire, il faut des créateurs extraordinaires. Aussi, l’organisme Montréal en histoires, dans son désir d’offrir quelque chose de grandiose dans le cadre du 375e de Montréal, a fait appel à deux créateurs top-niveau : les Montréalais Michel Lemieux et Victor Pilon.

Le duo Lemieux-Pilon est reconnu pour avoir un don : celui de flirter avec la 4e dimension. Ce don, mis à contribution dans de nombreux spectacles, dont ToruketDelirium (Cirque du Soleil), Anima, Starmania, La Belle et la Bête, Orféoet Icare, a apporté à leur entreprise, Lemieux Pilon 4D Art, une solide réputation dans les plus grandes villes du monde.

Cette fois, le défi lancé par Montréal en Histoiresétait d’une autre nature : rendre hommage à Montréal pour ce qu’elle a été et pour ce qu’elle est devenue!

« Ce n’était pas simple, se souvient Michel Lemieux. Victor et moi n’avions aucune idée de ce que nous pourrions faire. Nous nous sommes mis à arpenter les rues du Vieux-Montréal et, à la vue de toutes ces belles façades, de tous ces murs sans ouverture, des murs aveugles, l’idée d’en faire un parcours avec projections virtuelles est venue. »

Aussitôt, l’équipe Lemieux-Pilon s’assure de la participation du dramaturge et scénariste Michel Marc Bouchard, dont l’une des tâches sera de repérer des événements et des personnages oubliés. L’opération est colossale : des semaines et des semaines de recherches. Non seulement faut-il retracer ces moments de l’histoire, mais il faut aussi reconstituer l’époque, le contexte, la mode, etc.

L’étape suivante : dénicher les comédiens, les figurants, les accessoires et organiser le tournage.

« Nous avons passé plus de deux mois dans les studios Mels, au-delà de 40 jours de tournage pour un contenu final de quatre heures et demie », résume Lemieux.

Au même moment, une autre équipe s’affaire à repérer les façades du Vieux-Montréal qui se prêteraient sans trop de difficulté aux projections. « Ce n’était pas simple, explique Michel Lemieux. Il en fallait une vingtaine pour les projections et autant d’endroits à proximité pour dissimuler nos projecteurs, ainsi qu’une caméra qui reproduirait au poste de contrôle l’image apparaissant sur les murs. »

« Lorsque nous avions déniché le mur qui servirait de toile et l’édifice où l’on pourrait y camoufler le projecteur, nous devions ensuite obtenir la permission des propriétaires, car il nous fallait occuper l’espace non seulement pour le projecteur, mais aussi pour le système de chauffage et de refroidissement, et ce, pour quelques années. » Il aura fallu une année entière aux producteurs pour obtenir toutes les permissions. « C’était surtout compliqué dans le cas des condos, car ce sont tous les propriétaires qui devaient signer l’autorisation », précise le metteur en scène.

Arrive ensuite l’étape des tests, tout aussi complexe que les précédentes, faut-il dire. Les formes, les formats, les couleurs, les textures et les reliefs des murs ont tous une incidence sur la qualité de l’image. « Et c’est sans compter que lorsqu’il pleut, la couleur des murs change », souligne Michel Lemieux. L’étape des tests pour une qualité optimale aura duré deux mois.

En dernier lieu vient l’aménagement du poste de contrôle, où sont reproduits sur écrans tous les tableaux de Cité Mémoire. Un responsable de la régie surveille les projections de chaque tableau. Si un problème survient, il demande l’intervention de techniciens, qui s’y rendent immédiatement.

Après six ans de travail, le miracle Cité Mémoire s’est accompli. Est-il nécessaire de dire à quel point sont fiers les trois génies créateurs et tous ceux qui ont participé à l’œuvre? Les créateurs voulaient quelque chose de vraiment unique, un hommage à la mesure de Montréal, et ils ont livré Cité Mémoire!

« Je crois que nous avons réussi », conclut Michel Lemieux.

Comment activer Cité Mémoire?


Aussi bavards soient-ils, les murs du Vieux-Montréal ne s’ouvrent pas sans condition. Afin d’obtenir leurs confidences, il faut préalablement télécharger l’application mobile gratuite, Montréal en Histoires, et les contenus, disponible sur Google Play et AppStore(téléphone intelligent ou tablette). Une fois sur place, vous n’aurez qu’à appuyer sur le PLAY de votre application pour activer les tableaux et à vous connecter au réseau gratuit Mtl WiFi.

Les tableaux sont en somme des projections présentant une vision artistique de l’histoire. L’application (pictogramme « maison jaune ») ne permet d’entendre son contenu que si l’on est géolocalisé dans le Vieux-Montréal.

De leur côté, les points d’intérêt (une cinquantaine) peuvent se vivre n’importe où, aussi bien à la maison que dans le Vieux-Montréal. Il s’agit d’un descriptif textuel, audio et, pour certains d’entre eux, photographique d’un bâtiment, d’un événement ou d’un personnage. Le pictogramme, dans l’application, est le point bleu.

Mais pour apprécier à sa juste valeur le chef-d’œuvre, il faut se rendre sur place. L’application de Cité Mémoire propose des parcours de 30 et de 60 minutes. Il convient de préciser toutefois que l’ordre de visite et la durée d’un parcours est, en réalité, laissée à la discrétion du promeneur. Par ailleurs, la narration est offerte en quatre langues : français, anglais, espagnol et mandarin.

Bien que la promenade soit totalement libre, il est conseillé de la commencer à la place d’Armes et à la place Jacques-Cartier. Vous pouvez consulter le trajet et l’horaire 2017 sur le site www.montrealenhistoires.com.