La Sainte-Catherine dans toute sa grandeur

Elle est belle, elle est grande et bon sang qu’elle a de la classe, la Sainte-Catherine!

À sa naissance, en 1758, cette grande artère s’appelle Sainte-Geneviève. Même si, à l’époque, «la belle» n’est qu’un long chemin de terre qui traverse des champs, elle a déjà quelque chose de séduisant. Quelques résidences éparses la bordent de chaque côté, suivies plus tard par des commerces de cuir et de fourrures.

Pendant près d’un siècle, la Sainte-Catherine se développe timidement, soit jusqu’à ce qu’Henry Morgan décide, en 1891, de quitter le Vieux-Montréal et d’installer son célèbre magasin, le premier commerce à grande surface de Montréal et le premier aussi à mettre sa marchandise en vitrine. Au cours des années suivantes, d’autres noms prestigieux l’imitent: Ogilvy, Birks, Simpson, Dupuis Frères et Eaton, pour n’en nommer que quelques-uns.

La rue Sainte-Catherine devient de facto la référence au Canada lorsqu’il est question de magasinage. Et ce n’est que le début! Se crée alors un effet d’entraînement. Voilà que des manufactures de vêtements s’installent, de même que d’imposants immeubles de bureaux, dont la Sun Life et le Dominion Square.

L’énorme pouvoir d’attraction de la rue Sainte-Catherine semble sans limites. L’industrie culturelle tombe, elle aussi, sous son charme. Les salles de cinéma y élisent domicile, et c’est le défunt Ouimetoscope qui part le bal en 1906.

Des théâtres où le vaudeville et le burlesque dominent s’ouvrent ici et là. La Sainte-Catherine obtient également les faveurs de nombreux cabaretiers: la Casa Loma, le Montmartre et le Gayety entre autres. La rue atteint la maturité et devient un arrêt incontournable pour les Montréalais et les touristes.

Au cours du dernier segment des années 1900, Montréal, comme le reste du monde d’ailleurs, connaît une transition économique. Les cabarets ferment leurs portes, de grosses enseignes disparaissent. Pourtant la Sainte-Catherine étant ce qu’elle est, d’autres les remplacent. Le Complexe Desjardins (1976) qui avec ses 4 millions de pi2est le plus grand édifice de la ville, les Promenades Cathédrale, la Place Montréal Trust, les Cours Mont-Royal, le Quartier des spectacles, une Place des Arts revampée, en sont des exemples éloquents.

Aujourd’hui, plus que jamais, la rue Sainte-Catherine, avec ses 11 km de long et ses 1200 destinations – la plus importante rue commerciale du Canada soit dit en passant – demeure l’artère montréalaise chérie de tous, qu’importe ce qu’on désire y faire ou y voir.

Projet Sainte-Catherine Ouest - Une grande artère revitalisée!

La rue Sainte-Catherine n’a pas fini de nous charmer. Un audacieux projet de revitalisation a été mis en branle en 2018 et, une fois à terme, cette grande artère deviendra plus attirante que jamais.

Outre d’importants travaux visant la remise à neuf des infrastructures souterraines – qui sont plus que centenaires –, le projet Sainte-Catherine Ouest consiste essentiellement à accorder plus d’espace aux piétons, dont le nombre s’élève jusqu’à 6000 par heure, et beaucoup plus encore lors d’événements.

Pour ce faire, on élargira les trottoirs de plus de 50 % et l’on ne maintiendra qu’une seule voie de circulation. Il sera notamment plus aisé et plus agréable pour les piétons de circuler vers la place des Festivals, le Square Phillips, le Square Dorchester, l’église Saint-James de même que l’avenue McGill, qui sera repensée dans les prochaines années.

On aménagera également des espaces verts et des aires de repos qui bénéficieront de mobilier urbain, d’un éclairage à DEL et d’un réseau wifi. On complétera le tout par la plantation, ici et là, de plusieurs arbres.