La vraie nature de Montréal

Vue du plancher des vaches, Montréal ressemble à toutes les grosses métropoles de la terre. Beaucoup de monde – environ 1 945 000 insulaires; de nombreux bâtiments et routes – 4300 km de voies de circulation –, 6550 km de trottoirs; des parcs ici et là, et un fleuve.

Sur la terre ferme, difficile de voir autre chose et c’est là tout le malheur, puisque la ville, c’est bien plus que du béton et du bitume. Si l’on pouvait la voir du haut des airs, la « belle » ne pourrait plus dissimuler sa vraie nature. Entre ses cicatrices de macadam et sur ses structures de béton apparaîtrait alors une autre cité : une cité agricole!

À Montréal, l’agriculture urbaine a probablement pris naissance vers 1940, lorsque le Canada est entré en guerre. Le conseil municipal avait demandé à Charles Nagy, cofondateur de la Société d’horticulture de LaSalle et vraisemblablement du premier jardin communautaire de l’île (jardin qui existe toujours aujourd’hui – 9619, boul. Notre-Dame), d’aider la population à être autosuffisante en ces temps d’incertitude.

Depuis s’est créé un réel engouement pour le potager urbain. Montréal compte aujourd’hui 137 hectares d’initiatives d’agriculture urbaine. Quelque 7000 jardiniers amateurs se partagent aussi les 97 espaces désignés par la Ville pour le jardinage communautaire. On dit, en outre, que près de 42 % des Montréalais pratiquent d’une façon ou d’une autre l’agriculture urbaine. Et les restaurateurs emboîtent le pas, de plus en plus nombreux à cultiver leurs propres légumes et fines herbes : sur le toit, la terrasse, dans la cour… Une tendance observée incidemment dans bien d’autres pays.

Par ailleurs, la grande région de Montréal (100 km à la ronde) est reconnue pour avoir la plus forte concentration d’entreprises maraîchères du Québec. La qualité du sol, la forte densité de la population et la proximité des frontières américaines expliqueraient cet état de fait.

En conclusion, au temps des récoltes (juin à octobre), Montréal est choyée. Elle n’a qu’à tendre la main pour avoir diversité, fraîcheur, couleur et goût. Et cela se reflète sur toutes les tables des logis et des restaurants, de même que sur les étals des marchés.