Le jazz énergise Montréal depuis les années 1920

À défaut de l’avoir inventé, Montréal peut s’enorgueillir d’avoir protégé le jazz en donnant asile aux jazzmen américains dans les années 1920. En adoptant le Prohibition Act en janvier 1919, les États-Unis mettaient un terme aux boîtes de nuit et envoyaient du même coup au chômage nombre d’artistes, dont les musiciens de jazz. Pour leur survie, ils ont mis le cap sur Montréal, qui avait la réputation d’être une ville festive, sans prohibition et… anglophone!

De ce fait, Montréal devenait la capitale canadienne du jazz, en particulier le secteur des rues Saint-Antoine et de la Montagne, surnommé The Corner,où sont montés sur scène deux des plus grands noms du jazz, les Montréalais Oscar Peterson et Oliver Jones.

Le jazz colle à la peau des Montréalais depuis ce temps. Pour en écouter du bon, comme ça doit être écouté, vive le jazz-bar, ces coins feutrés, chaleureux où la lumière ambiante se fait timide par respect aux artistes sur scène.


Upstairs jazz-bar & grillades

Lorsque Joel Giberovitch a fait l’acquisition de l’établissement, son idée était bien arrêtée : faire un vrai jazz-bar et, pour bien s’imprégner de cette culture, il s’est rendu à New York visiter des boîtes de jazz. C’est que Giberovitch n’est pas qu’un simple amateur de jazz, c’est un maniaque, un passionné! Doté d’une mémoire phénoménale, il pourrait presque vous décrire tous les shows qui ont eu lieu au Upstairs depuis son ouverture, en 1995, avec en prime des remarques sur chacun des artistes qui ont joué à son club d’une soixantaine de places, niché dans un demi-sous-sol de la rue MacKay.

Il pousse même la gentillesse jusqu’à accueillir personnellement le public en soirée et lui demander plus tard, avant chaque représentation – car il y en a généralement trois –, de garder le silence par respect pour les artistes.

Grands noms du jazz, autant d’ici que de l’étranger, étudiants de Concordia ou de McGill, artistes émergents, la programmation ratisse large.

On y sert également des repas.

1254, rue MacKay

www.upstairsjazz.com


Dièse Onze

Une petite cave à jazz, mais très certainement une très grande place pour les adeptes du genre. La revue américaine DownBeat l’a inscrite dans sa liste des meilleurs clubs de jazz du monde, et le guide Planet Jazza écrit qu’il est « l’un des lieux inéluctables de la scène du jazz au Canada ».

Fondé en 2007, puis acquis par Gary Tremblay en 2015, ce réputé club loge rue Saint-Denis, au cœur du Plateau-Mont-Royal. Dans sa petite salle intimiste, il offre chaque soir deux spectacles, sans compter les « jazz-brunchs » chaque dimanche matin, car le Dièse Onze sert également des repas. Au menu musical cependant, on aura du jazz traditionnel, du jazz manouche et parfois même du flamenco, le tout présenté par des artistes locaux ou de l’extérieur. On commettrait un vrai sacrilège si l’on omettait de mentionner également le fameux Soul Therapy, offert chaque mercredi soir par le groupe funk The Brooks. L’événement est à l’affiche depuis quelques années, et sa popularité est toujours aussi remarquable.

4115 A, rue Saint-Denis

www.dieseonze.com

Autres tanières de jazz à Montréal

Le Café Résonance,au 5175, av. du Parc

Tous les soirs, musique de jazz classique ou expérimental et repas vegétaliens.

www.resonancecafe.com

Biddle’s Jr.,au 209, Notre-Dame O.

Musique de jazz les vendredis et samedis, ainsi que cuisine cajun de Louisiane et du Sud américain.

www.buddlesjr.com

Maison du jazz,au 2060, rue Aylmer

Restaurant et bar-jazz (cuisine cajun et autres) avec spectacles d’artistes locaux tous les soirs.

www.houseofjazz.ca