Les voix montréalaises portent jusqu’en Europe

Si la production musicale est entre les mains de trois ou quatre puissants producteurs dans le monde, l’histoire est fort différente au Québec. Ici, on dénombre quelque 95 producteurs indépendants. Cela pourrait-il expliquer la prolifération des artistes musicaux locaux? Sûrement, mais il n’y a pas que ça. Le grand talent des artistes montréalais, et ils sont nombreux, est reconnu aussi bien ici qu’à l’étranger. En voici des exemples :

Arcade Fire

De tous les groupes musicaux originaires de Montréal, Arcade Fire est sans l’ombre d’un doute celui qui a remporté le plus de succès à l’étranger, particulièrement en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud.

Formé en 2001 par l’Américain (de Houston) Win Butler et la Montréalaise Régine Chassagne, qui se sont connus lors d’une soirée dans une université à Montréal, Arcade Fire ne compte plus les prix remportés au cours de ses 17 années d’existence : Grammy (USA), Polaris (récompense la plus prestigieuse au Canada), Juno (Canada), NME (revue New Musical Express, Angleterre), Brit Award (Angleterre) et Félix (ADISQ, Québec).

Dès la sortie de son premier album, Funeral, lancé en 2004, Arcade Fire se hisse au sommet, réussissant à en vendre 504 000 rien qu’aux États-Unis! Le site Web spécialisé Acclaimed Music (Suède) le désigne d’ailleurs « l’album de la décennie 2000-2010 ».

Le groupe de musique rock se compose de huit artistes multi-instrumentistes: entre autres, violoncelle, violon, batterie, guitares, trompette, piano et orgue.

Half Moon Run

La formation de ce groupe est plutôt accidentelle. Conner Molander et Dylan Phillips, tous deux originaires de Comox (Colombie-Britannique), s’expatrient à Montréal pour y étudier : Dylan le piano, au Conservatoire de musique, et Conner la psychologie, à l’Université McGill. À la recherche d’un musicien pour un jam session, ils publient une annonce sur un site Web, à laquelle répond Devon Portielje (Ottawa). C’est en 2009, et le groupe Half Moon Run prend forme. Un peu plus tard, Isaac Symonds vient compléter le quatuor réputé pour son mélange de musique indie, folk, rock et pop.

Après quelques sorties ici et là, Half Moon Run met sept mois à enregistrer son premier album, Dark Eyes, un énorme succès qui les emmène en tournée en Amérique du Nord, en Europe et en Australie.

Aujourd’hui, après plus de 525 spectacles, Half Moon Run s’inscrit au tableau d’honneur, avec 23 nominations ou prix de toutes sortes. On est loin de l’époque où Conner et Dylan vendaient des bouteilles vides pour boucler les fins de mois.

www.halfmoonrun.com

Charlotte Cardin

On ne peut lui coller l’étiquette d’artiste internationale; pas encore, mais ça ne saurait tarder, car les brèves apparitions qu’elle a faites aux États-Unis et en France, où elle a chanté en duo avec Garou à l’émission télévisée The Voice, ont été couronnées de succès.

Après une carrière de mannequin qu’elle amorce à l’âge de 15 ans et sa participation très convaincante, trois ans plus tard, à La Voix(version québécoise) où elle est finaliste, Charlotte Cardin se lance dans l’aventure musicale en 2016. Elle présente un premier microalbum (EP) qu’elle intitule Big Boyet qui est suivi d’un second, en 2017, Main Girl.

Ses compositions, qu’elle interprète avec classe et douceur, sont un mélange de pop, jazz, soul et un tantinet électro. Elles les livrent dans les deux langues, charmant aussi bien le public francophone qu’anglophone. Le thème qu’elle affectionne tout particulièrement est l’amour. Celle qui a songé un moment à devenir médecin soigne maintenant les cœurs.

www.charlottecardin.com

Milk & Bone

Milk & Bone, c’est Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, deux Montréalaises dans la mi-vingtaine. Camille et Laurence forment un duo après leurs études dans le programme Jazz du cégep Saint-Laurent, en 2014, et après quelque temps passé en compagnie de l’artiste David Giguère à titre de choristes.

En 2015, elles lancent leur premier album, Little Mourning, un immense succès qui leur vaut le prix Révélation de l’année au gala de la SOCAN. La table est donc mise pour une carrière internationale qui les a conduites en Europe et aux États-Unis.

L’univers de Milk & Bone est fait de voix mélodieuses et de technologies avancées. Les pièces sont douces, caressantes et surprennent par leur originalité. Le duo termine la production d’un deuxième album, Deception Bay(février). Suivront une série de spectacles en Amérique, dont au Théâtre Corona de Montréal (5 avril), ainsi qu’une tournée en Europe.

www.milknbone.com

Kaytranada

Sa musique est rythmée, très rythmée même, mais jamais agressante. Quelques secondes suffisent pour qu’elle nous subjugue et nous incite à faire quelques pas de danse ou, pour les plus rébarbatifs, à battre la mesure avec les pieds et les mains.

Kaytranada a véritablement quelque chose de spécial, et quoique son nom puisse encore ne rien dire à certains, le jeune Longueuillois est plutôt bien reconnu par ses pairs. Madonna, par exemple, lors d’une tournée nord-américaine, confie à Kaytranada la première partie de quelques spectacles. L’artiste se voit remettre aussi le prix Polaris ainsi qu’un Juno, en 2016, pour la sortie de son microalbum, 99.9 %. La même année, il fait une tournée en Europe, en Australie et aux États-Unis.

Kaytranada, de son vrai nom Louis Kevin Célestin, se met très tôt à la musique. Il est DJ à 14 ans. C’est son frère, Louis Philippe, avec qui il forme un duo, The Celestics, qui l’initie aux logiciels de production musicale. Depuis, Kaytranada nous émerveille avec sa vision du soul, du funky et du rap.

www.kaytranada.com