Loop est… dans le jus!

56 % de nos récoltes maraîchères sont rejetées...

Une tronche trop moche, un corps difforme et les voilà mis au ban: un bien mauvais karma pour des millions de fruits et légumes! Ces parias n’ont pas été gâtés par la nature et, pourtant, ils sont la nature!

Impossible, direz-vous, que tous les fruits et légumes aient le physique de l’emploi. Et puis après? N’ont-ils pas malgré tout les mêmes vertus que leurs congénères plus choyés par dame Nature?

Chaque année, près de 56 % de nos récoltes maraîchères sont rejetées et généralement enfouies sous terre. Des centaines de milliers de tonnes de fruits et légumes éliminés chaque année tout simplement parce qu’ils ne répondent pas aux critères très subjectifs qui définissent la beauté des aliments.

Faut-il vraiment, pour cette simple défaillance, les condamner à l’élimination? Ne peut-on pas les réhabiliter et, par cette indulgence, faire cas de notre responsabilité environnementale?

C’est cette réflexion qu’a eue Frédéric Monette, vice-président chez Courchesne Larose, le plus important distributeur de fruits et légumes de l’Est canadien. Frédéric ne pouvait concevoir que son entreprise soit contrainte à envoyer dans des sites d’enfouissement quelque 80 tonnes de fruits et légumes par semaine, même s’ils étaient propres à la consommation.

Un gaspillage que n’arrivait pas à comprendre le vice-président d’autant plus que son entreprise devait payer une petite fortune pour se procurer ces produits et en payer une autre pour s‘en débarrasser: plus de deux millions au total par année!

Il fait part de son dilemme à David Côté, un écoentrepreneur reconnu dans le secteur alimentaire pour avoir fondé notamment les restaurants Crudessence et la boisson Rise Kombucha. Se greffera ensuite au duo Julie Poitras-Saulnier, déjà très active dans le domaine du développement durable.

De cette union naîtra, en 2016, l’entreprise Loop Mission qui prouvera de belle façon que la réhabilitation de ces mal-aimés est non seulement possible, mais qu’elle est en plus un bienfait pour la collectivité.

Depuis 2016 donc, Loop Mission, dont le siège social est situé rue Saint-Hubert, dans Villeray, a récupéré par l’entremise de Courchesne-Larose plus de 1 250 000 kg de fruits et légumes, tous destinés «à la casse» parce qu’ils étaient croches, égratignés, meurtris, d’un format hors standard ou simplement parce que le mûrissement était trop avancé pour en faire la distribution.

Les fruits et légumes que récupère Loop sont tous parfaitement comestibles, au même titre que le plus beau des fruits ou légumes que l’on trouve sur les tablettes des épiceries, et ils contiennent aussi les mêmes valeurs nutritives.

Les «récupérés» sont transformés en de délicieux nectars qui ont la cote dans les marchés d’alimentation d’un bout à l’autre du Canada. Depuis 2016, tout cela a permis de réduire les gaz à effet de serre de 1 000 000 kg et de faire économiser au-delà de 831 000 000 L d’eau.

Les boissons Loop se déclinent en 11 produits distincts: 7 jus contenant 1,5 kg de fruits et légumes dans chaque bouteille de 355 ml: poires, ananas, pommes, fraises, carottes, betteraves, céleris, citrons, oranges, puis 4 bières légères affichant un taux d’alcool de 3,5 % et dans lesquelles on trouvera, selon son choix, du gingembre, des limes ou des fraises. À noter aussi que ces bières sont faites à base de pain, un début de solution aux 750 000 miches rejetées chaque jour, au Canada.

Et parce que rien ne se perd… et tout se transforme, Loop expédie une partie de sa pulpe résiduelle à un fabricant de pâte à pizza, qui développe un nouveau type de croûte. Une autre partie, encore très nutritive, sera envoyée à l’entreprise montréalaise Wilder Harrier, qui en fera des croquettes pour chiens!

loopmission.com