Marché Jean-Talon : Le terroir du Québec à portée de main

Une expérience à vivre! Rendez-vous à l’un des marchés publics de Montréal et, une fois sur place, fermez les yeux, écoutez, humez.

Entendez-vous tous ces marchands hurler leur fierté?

« Goûtez mes tomates comme elles sont juteuses… », dit celui-ci.

Et cet autre : « Mon blé d’Inde est cueilli frais d’à matin »

Et plus loin encore : « Pas chers, mes choux-fleurs. Deux pour cinq piastres seulement… »

Puis, à travers leurs boniments, entendez-vous aussi ces rires, ces bribes de discussions, ces pas, ces enfants crier, cette monnaie qui tombe à terre ou ces légumes qui roulent sur les étals?

Humez maintenant. Distinguez-vous tous ces parfums qui flottent dans les allées, caressant les clients au passage? Odeur de citronnelle, de lavande, de ciboulette, de thym, de chou, de fenouil, de melon? Toutes s’entremêlent.

Ouvrez les yeux et remarquez maintenant cet amalgame de couleurs plus vives les unes que les autres. Remarquez aussi tous ces sourires, comme si les soucis n’avaient pas droit d’accès au marché.

Voilà qui est fait; votre esprit et votre corps sont imprégnés maintenant de toute cette vie, cette énergie et ce bonheur qui ont préséance dans les marchés publics de Montréal.

On peut vivre l’expérience à plein d’endroits à Montréal, puisque la ville compte une quinzaine de marchés publics, dont les marchés solidaires, et bien davantage si l’on tient compte de tous les étals extérieurs de quartier. Mais le meilleur endroit reste le marché Jean-Talon, l’un des plus grands à ciel ouvert d’Amérique du Nord.

Inauguré en 1933 sous le vocable de Marché du Nord– ce nom lui est resté jusqu’en 1983 –, le marché Jean-Talon n’est pas le plus ancien de l’Île : sont nés avant lui le marché de Lachine (1845), le marché Saint-Jacques (1872) et le marché Maisonneuve (1912). En revanche, il est le plus populaire, avec son 1,2 million de visiteurs annuellement. Il a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs reportages, autant de la presse écrite que télévisée. Il a même été le site de quelques tournages d’émissions télé.

Situé dans un quadrilatère formé des rues Henri-Julien, Mozart, Casgrain et Jean-Talon, ce haut lieu du terroir québécois occupe une superficie supérieure à 51 000 pi2, l’été, et de quelque 37 000 pi2, l’hiver. En effet, le marché est ouvert à l’année. On y installe des cloisons amovibles lorsque le temps froid se pointe (vers la fin d’octobre).

En haute saison, le marché Jean-Talon accueille tout près d’une centaine de marchands arrivant avec une cargaison extrêmement diversifiée. À ces marchands s’ajoute une trentaine de boutiques et restaurants qui ceinturent les étals dont le nombre frise les 200. On y trouve des légumes et des fruits, évidemment, mais aussi des boucheries, charcuteries, fromageries, boulangeries, poissonneries, épiceries fines, et même une librairie-boutique d’accessoires de cuisine.

Par ailleurs, la direction du marché organise des activités spéciales à différentes périodes de l’année, comme le temps des sucres, l’Oktoberfest, l’Atelier du temps des Fêtes, la Journée hantée Halloween et citrouilles.

Horaire

Ouvert tous les jours, dès 7 h : jusqu’à 18 h les lundis, mardis, mercredis et samedis; jusqu’à 20 h les jeudis et vendredis; et jusqu’à 17 h le dimanche.

Marché Jean-Talon : Depuis 1941

Si les clients du marché Jean-Talon sont fidèles, les marchands le sont aussi, comme la Ferme des Moissons, qui n’est peut-être pas le plus ancien à y offrir ses produits mais qui, selon les registres de la direction du marché, y occupe un emplacement depuis trois générations, soit depuis 76 ans.

« Je ne crois pas être le plus ancien, mais on est ici depuis un bon bout de temps », affirme Daniel Gervais, qui partage la propriété de la ferme avec sa conjointe, Judith Canaff.

« Nous avons choisi Jean-Talon, parce que l’endroit est très convivial. J’ai neuf arpents d’ail, et toute la production est vendue ici, aux clients du marché », dit-il.