Montréal: carrefour des mondes

La diversité s’incarne avec grâce dans notre Montréal littéraire. Diversité linguistique avant tout, car Montréal est le cœur du Québec, cette enclave francophone de huit millions d’habitants en Amérique du Nord, diversité des genres et des communautés.

Le milieu du livre montréalais est un écosystème dont la vitalité, tout à fait exceptionnelle, s’illustre dans les écrivains, éditeurs et librairies qui l’animent. Impossible de ne pas aimer Michel Tremblay, prolifique auteur du plateau Mont-Royal qui lui a rendu hommage. Dans la fameuse série de 6 livres Les Chroniques du Plateau-Mont-Royal, il y dépeint un quartier ouvrier où le joual colore la langue de ceux qui le parlent. Ou Gabrielle Roy, qui a campé son Bonheur d’occasion en pleine Seconde Guerre mondiale dans Saint-Henri, un quartier populaire aujourd’hui en pleine effervescence. Plus contemporaine, l’auteure anglophone montréalaise Heather O’Neill représente à merveille les dualités linguistiques actuelles. Dans son tout dernier roman qui vient d’être traduit, Mademoiselle Samedi soir, elle relate le mouvement souverainiste de sa plume au style unique.

Comment ne pas célébrer la fierté de la communauté LGBTQ de Montréal, si active dans le domaine littéraire et culturel en général ? Chaque jour, elle fait avancer la cause de l’émancipation des lesbiennes, gais, bisexuels, etc. et les réflexions entourant les enjeux portant sur le genre et ses conséquences. On ne peut non plus passer sous silence le travail formidable des librairies Le Port de tête de l’avenue du Mont-Royal et l’Euguélionne de la rue Beaudry, dans le Village, pour promouvoir les maisons d’édition québécoises qui publient tous ces talents, si nombreux qu’il est difficile de n’en nommer que quelques-uns.

Enfin, saluons le travail exceptionnel des maisons d’édition comme Mémoire d’encrier, Lux ou encore Écosociété qui donnent une voix à celles et à ceux qui en sont trop souvent privés. Ces maisons mettent de l’avant des personnes dont le point de vue sort bien souvent des sentiers battus, avec une personnalité et un propos forts, qui jettent un éclairage nouveau sur des réalités peu connues de la majorité d’entre nous.

Qu’ils résident à Montréal pour un court séjour ou pour une plus longue période, les visiteurs font presque tous le même constat: qu’il fait bon vivre ici! Pourquoi? Parce que Montréal embrasse et protège la diversité, dont la littérature en est l’un des plus beaux reflets.