Montréal, de ville fermée à ville ouverte

Montréal, cinquième meilleure ville du monde où s’installer en 2020

La Révolution tranquille a eu comme conséquence de changer radicalement l’image de Montréal; une métamorphose opérée sur toutes les scènes: technologie, arts, sciences, économie, gastronomie, design et multiculturalisme.

Sur ce dernier point, précisons que plus du tiers de la population montréalaise est originaire d’un autre pays. Il y en a en effet 120 communautés culturelles sur l’île. C’est toute une différence par rapport aux années 1920 et 1930, alors que l’immigration était considérée comme un danger. De 1923 à 1947, l’immigration chinoise était pratiquement interdite et celle des juifs, «non désirée». Et l’on ne se gênait pas pour l’affirmer haut et fort, comme le faisait le Montréalais Adrien Arcand, fondateur du Parti national social chrétien, dont le drapeau arborait la tristement célèbre croix gammée.

Il en est de même sur le plan de la diversité sexuelle. Il aurait été impensable, il y a 100 ans, d’organiser le festival Fierté Montréal, qui attire aujourd’hui quelque 2,7 millions de personnes. Au contraire, l’homosexualité était criminalisée: une telle accusation pouvait signifier jusqu’à cinq ans d’emprisonnement! Combien d’arrestations ont eu lieu dans le Red Light, aux théâtres Royal, Crystal Palace, King Edward ainsi qu’au parc La Fontaine et au mont Royal!

L’éclosion économique amorcée dans les années 1970 a aussi fait de Montréal une ville empathique où les fondations et organismes communautaires pullulent. L’Accueil Bonneau, Moisson Montréal, Le Chaînon et la Mission Old Brewery en sont de beaux exemples.

En somme, cette grande métamorphose échelonnée sur une centaine d’années a permis à Montréal de se classer parmi les meilleures villes du monde, ce qu’a reconnu récemment l’organisme allemand InterNations, en désignant Montréal comme «la cinquième meilleure ville du monde où s’installer en 2020».