Rosemont, quand le quartier roulait à fond de train

Autrefois un vaste territoire occupé par une trentaine d’agriculteurs

Le quartier s’est appelé Côte-de-la-Visitation, ensuite la Petite-Côte et, finalement, Rosemont, ainsi nommé pour rendre hommage à la mère d’un grand spéculateur immobilier, Ucal-Henri Dandurand.

Mis au courant de la construction future d’un mégacomplexe industriel, Dandurand a fait main basse sur une partie du territoire, avec l’espoir de faire d’importants profits grâce au développement résidentiel qui allait certainement s’ensuivre. Il obtient une incorporation, créant le village de Rosemont en 1910, village qui sera annexé à Montréal la même année.

L’information détenue par l’homme d’affaires se révèle juste. La Canadian Pacific Railway lorgne ces terrains depuis la fin des années 1800, afin d’y construire une usine de fabrication de locomotives et de matériel roulant. Le projet se concrétise en 1904, avec l’ouverture des imposantes shops Angus, un gigantesque complexe qui va changer à tout jamais le paysage du quartier. Il sera à la base du développement de Rosemont et des quartiers environnants.

Le complexe des shops Angus s’étend sur 47,869 ha. Il compte 76 bâtiments: hôpital, banque, magasin, poste de police, station de pompiers, bibliothèque, centre de loisirs et une incroyable chaîne de montage sur rails de 80 km.

Au départ, les shops Angus donnent de l’emploi à 3000 ouvriers, nombre qui passe à 5000 très rapidement. Puis, ce sera 12 000 travailleurs en temps de guerre – dont le célèbre Maurice Richard –, alors que l’usine est contrainte à remplacer temporairement sa production par la fabrication de munitions, de canons et de 1700 chars d’assaut.

Le développement de la voie maritime et du transport terrestre portera un coup fatal à l’entreprise, qui ferme définitivement ses portes en 1992, laissant un vide énorme dans le quartier. Pour le combler, on crée en 1995 la Société de développement Angus qui s’acquitte fort bien de sa tâche. On lui doit la création de Technopôle Angus (52 entreprises et 2000 emplois) de même que la Cité Angus, un écoquartier résidentiel exemplaire.

À voir entre autres dans Rosemont:

Petite Italie

Entre Saint-Laurent, Bellechasse, Jean-Talon et Saint-Denis

Marché Jean-Talon

Fondé en 1933

7070, avenue Henri-Julien

Jardin botanique

Fondé en 1933 (75 ha)

4101, rue Sherbrooke Est