Tremblant, la montagne qui a tout changé

«Manitonga Soutana»

Les Algonquins, les premiers à habiter la région, dans les années 1600, lui ont donné le nom de «Manitonga Soutana», qui veut dire «Montagne des esprits». Ils croyaient que ce mont majestueux qui s’élève jusqu’au ciel et qui domine toute la région était habité par le grand Manitou. Ils croyaient aussi qu’il la faisait trembler lorsqu’il était contrarié. D’où son célèbre nom aujourd’hui de mont Tremblant.

Puis, 200 ans plus tard arrive «l’homme blanc», surtout des bûcherons. Commence ainsi la colonisation qui s’accentuera dès 1892 avec la venue du chemin de fer, grâce au très influent curé Labelle. Le tourisme, encore à ses balbutiements, connaît soudain une croissance phénoménale. Au cours de l’hiver 1938-1939 seulement, le P’tit Train du Nord amène 112 000 skieurs dans la région.

Parmi eux, Joseph Bondurant Ryan, un jeune Américain né à Philadelphie qui a mis le cap vers le nord afin d’y prospecter l’or. Attiré par la montagne, il en fait l’ascension en 1938. «Je n’ai jamais rien vu de si beau!», s’écrie-t-il, une fois au sommet. Totalement séduit par le paysage et motivé aussi par l’idée que les Alpes seront désertées lorsque l’Europe entrera officiellement en guerre, Ryan se met à imaginer un beau village alpin de renommée mondiale.

L’année suivante, il ouvre le Mont-Tremblant Lodge. Son village venait de naître avec, en prime, une remontée mécanique.

Depuis, l’industrie touristique n’a cessé de croître, du moins, jusqu’à la crise économique des années 1980, qui a fait que le P’tit Train du Nord est resté en gare, que le tourisme a diminué et que la montagne du grand Manitou a cessé de vibrer.

Revirement de situation toutefois, en 1991, lorsque Intrawest en fait l’acquisition avec l’intention de propulser la station au rang des plus belles du monde, comme elle avait si bien réussi à le faire avec Whistler, quelques années auparavant.