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01 Les associations hôtelières du Québec et l’ARQ s’unissent pour demander la suspension des Études d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) pour notre industrie

Lors d'une conférence de presse ce mercredi 11 mai, l’Association Hôtellerie Québec (AHQ), l’Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM), l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), l’Association hôtellerie Saguenay-Lac-Saint-Jean (AHSLSJ) et l’Association des hôteliers de l’Abitibi-Témiscamingue (AHAT) avec l’appui de l’Association Restauration Québec ont sollicité l’aide du gouvernement fédéral afin de permettre aux hôteliers et restaurateurs du Québec de recruter rapidement des candidats à l’étranger, en suspendant l’obligation de l’EIMT pour les 24 prochains mois, et ce, pour tous les types d’emplois reliés à l’industrie hôtelière et de la restauration.

Une industrie en crise

Notre secteur a été et est toujours l’un des plus durement touchés par la pandémie. Les multiples fermetures prolongées des deux dernières années ont mis à mal la confiance qu’avaient nos travailleurs envers notre industrie, et nous les avons observés, impuissants, réorienter leur carrière et quitter définitivement nos hôtels et nos restaurants pour aller vers des emplois moins affectés.

En mars dernier, à l’aube de la haute saison, nous estimions à près de 32 000 le nombre de postes à combler en hôtellerie et restauration au Québec, dont 10 mille uniquement en hôtellerie. Notre situation est critique.

En ce moment, nos hôteliers doivent fermer des étages complets de leur établissement, faute de personnel pour assurer l’offre de services aux clients. Ils refusent des invités, des groupes corporatifs, des événements par manque d’employés.

Nos données préliminaires indiquent qu’environ 20 % des inventaires de nos membres resteront invendus cette année, mais nous soupçonnons que le portrait réel soit encore plus inquiétant. Cette crise sans précédent, qui perdure et s’aggrave, est un frein direct à la pleine relance de notre industrie et aura un impact non négligeable sur les retombées économiques de la saison touristique 2022, sans compter qu’elle repoussera notre retour au niveau d’activités de 2019 de plusieurs années.

Le secteur de la restauration n’y échappe pas. Plusieurs exploitants ne peuvent fonctionner 100 % de capacité, faute de main-d’oeuvre. Certains ont éliminés le service du dîner et d’autres ferment au moins deux jours par semaine. Dans le cadre d’une forte reprise de l’industrie touristique, ce manque de main-d’oeuvre va avoir une répercussion sur l’expérience-client des touristes québécois et internationaux.

Suspension temporaire de l’EIMT comme sortie de crise

En tant qu’associations, nous multiplions nos initiatives relatives au recrutement et au maintien de la main-d’oeuvre dans notre milieu, mais le fait est que cette problématique touche plusieurs secteurs simultanément.

Nous croyons fermement qu’une partie de la solution réside dans l’embauche de travailleurs étrangers ; mais celle-ci ne peut être viable cette année qu’en soulageant les entreprises de devoir fournir une EIMT afin d’accélérer les processus d’embauche et d’obtention de permis de travail temporaires.

Nous sommes pleinement conscients que l’EIMT constitue une politique administrative de prime abord adéquate et tout à fait justifiable en temps normal, puisqu’elle vise à protéger l’accessibilité et l’opportunité d’emploi auprès des citoyennes et citoyens de notre pays. Ainsi, il va sans dire que nous supportons les principes sous-jacents qui y sont attribuables.

Toutefois, la situation actuelle en ce qui concerne la pénurie de main-d’oeuvre est on ne peut plus catastrophique. Il nous apparaît donc nécessaire et justifié d’avoir recours à des actions extraordinaires, ponctuelles, efficaces et directes pour pallier le manque de main-d’oeuvre, telle que la suspension de l’EIMT pour une période temporaire ciblée.

Nous pourrions nous baser sur un principe d’exemption déjà établi en immigration, celui « d’avantages importants pour la société canadienne », qui permet d’émettre un permis de travail sans EIMT pour certaines catégories d’emploi. Nos hôteliers et nos restaurateurs ont fait preuve de beaucoup de résilience et d’adaptabilité dans les derniers mois, ils espèrent que le gouvernement fédéral saura les entendre et les soutenir dans la recherche de solutions pour assurer une reprise complète et pérenne des activités hôtelières et touristiques.

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