Communiqué de presse

Immigration économique : les employeurs demandent une action immédiate pour préserver les talents déjà intégrés

14 mai 2026

Montréal – Réunis à Montréal lors d’une conférence de presse, le Conseil du patronat du Québec (CPQ), accompagné de 18 associations sectorielles représentant des piliers de l’économie québécoise, interpellent les gouvernements provincial et fédéral sur la nécessité de mieux arrimer les politiques d’immigration aux réalités du marché du travail.

Dans plusieurs secteurs, des travailleurs déjà présents au Québec, formés et pleinement intégrés en emploi contribuent activement à notre économie. Or, faute de mécanismes adaptés, plusieurs d’entre eux se retrouvent dans une situation paradoxale : contraints de quitter leur emploi et le pays parce qu’ils ne peuvent renouveler leur permis de travail, alors même que les besoins de main-d’œuvre demeurent criants dans toutes les régions du Québec. En parallèle, l’accès à la résidence permanente leur échappe, faute de seuils et de voies d’accès suffisamment prévisibles et arrimés aux réalités du marché du travail.

Cette double impasse fragilise les entreprises qui ont investi dans leur intégration et prive le Québec d’un capital humain déjà productif. Les employeurs lancent un appel clair aux deux paliers de gouvernement.

Au gouvernement du Québec, à travers le retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ,) ils demandent de saisir l’occasion créée par les ajustements fédéraux pour adapter rapidement les seuils, afin d’assurer, pour chacune des deux prochaines années, la rétention d’au moins 10 000 travailleurs supplémentaires déjà présents sur le territoire, formés et pleinement intégrés en emploi, qui contribuent directement à la vitalité de l’économie québécoise.

Au gouvernement fédéral, ils demandent d’ajuster les exigences du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) afin de permettre le renouvellement du permis de travail de l’ensemble des travailleurs déjà présents au Québec – quel que soit le secteur d’activité ou la région – lorsque l’employeur en démontre le besoin.

Citations

« Le Québec fait actuellement face à une incohérence qui fragilise nos entreprises. Des travailleurs étrangers temporaires déjà ici, formés et pleinement intégrés dans nos milieux de travail risquent de devoir quitter leur emploi, et parfois le pays, alors même que les besoins de main-d’œuvre demeurent bien réels dans toutes les régions et dans plusieurs secteurs stratégiques de notre économie. Le message porté aujourd’hui par le CPQ et les nombreuses associations qui se joignent à cette démarche est clair : il faut agir rapidement et de façon pragmatique pour préserver ce capital humain essentiel et mieux arrimer les mécanismes d’immigration aux réalités du marché du travail québécois »
Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction, Conseil du patronat du Québec

« Les travailleurs étrangers temporaires (TET) font partie de la solution pour faire face à la rareté de main-d’œuvre en pharmacie communautaire, notamment au sein du personnel technique. Leur présence permet de stabiliser les équipes à travers le Québec et de préserver l’accès à des soins de proximité de qualité. Avec un taux de postes vacants de 9 % chez les assistants techniques en pharmacie et de 13,4 % chez les pharmaciens, le Québec ne peut se priver de leur contribution essentielle pour assurer la continuité des services et la satisfaction des patients »
Benoît Morin, président, Association québécoise des pharmaciens propriétaires

« Les détaillants ne peuvent pas répondre aux besoins des consommateurs ni appliquer des obligations de plus en plus complexes sans avoir accès à la main-d’œuvre nécessaire. Les travailleurs étrangers temporaires font partie des solutions concrètes pour soutenir les opérations, notamment dans les postes spécialisés ou difficiles à combler »
Damien Silès, président-directeur général, Conseil québécois du commerce de détail

« Le secteur hôtelier doit être reconnu comme un secteur prioritaire. Les restrictions imposées à Montréal et à Laval ainsi que la fermeture du PEQ fragilisent directement notre capacité d’accueil et notre compétitivité. Nous parlons de travailleurs déjà formés, francisés et pleinement intégrés à nos équipes, que le Québec risque maintenant de perdre au profit d’autres provinces. Au moment où Montréal s’apprête à connaître une très forte saison touristique, il est incohérent de freiner une industrie qui contribue directement au rayonnement et à l’économie du Québec »
Dominique Villeneuve, présidente-directrice générale, Association hôtelière du Grand Montréal

« Devant le déficit de maintien des infrastructures au Québec, la réalisation des projets repose sur une large gamme d’expertises, sur les chantiers comme en amont. Dans un contexte où l’on cherche à maximiser chaque dollar investi en construction, l’accès aux bonnes personnes, y compris hors chantier, est critique et ne doit pas être freiné par les politiques publiques »
Éric Côté, président-directeur général, Corporation des entrepreneurs généraux du Québec

« Actuellement, il manque près de 16 000 personnes par année dans l’industrie de la construction. Pour être à la hauteur de nos ambitions et de nos projets d’envergure, nous devons nous tourner vers une immigration qualifiée qui pourra nous aider à bâtir le Québec de demain. Dans le secteur de la construction, il existe encore de trop nombreux freins et nous devons travailler de concert, avec les partenaires de l’industrie, pour pouvoir accueillir plus de travailleurs étrangers »
Alexandre Gagnon, directeur, développement et innovation, Association de la construction du Québec

« Les propres données du gouvernement, publiées par Emploi et Développement social Canada, démontrent que 89 % des employeurs qui ont embauché des travailleurs étrangers temporaires ont déclaré que cela les a aidés à rester en activité. Alors que nos PME sont fragilisées par la hausse des coûts, la pénurie de main d’œuvre et l’incertitude économique, expulser des travailleurs intégrés et névralgiques pour elles, c’est se tirer dans le pied… quand l’autre est déjà dans le plâtre »
François Vincent, vice-président, Québec, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

« Chaque année, le tourisme injecte 19 G$ dans l’économie québécoise, dont plus de 4,4 G$ en devises étrangères. Réduire de 45 % l’accès aux travailleurs étrangers temporaires en 2025, c’est affaiblir la capacité de nos entreprises à répondre à la demande et limiter la croissance d’un secteur stratégique pour le Québec »
Geneviève Cantin, présidente-directrice générale, Alliance de l’industrie touristique du Québec

« Entrepreneurs, donneurs d’ouvrage, associations, partenaires — nous sommes tous réunis par le même constat : une société ne peut pas se permettre de mettre des talents de côté. Chaque compétence compte, chaque effort compte pour contribuer à la vitalité du Québec »
Isabelle Demers, vice-présidente, développement stratégique, affaires publiques et innovation, Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec

« Tous les acteurs qui vous interpellent aujourd’hui dépendent du camionnage pour exercer leurs activités au quotidien. Notre secteur a un rôle clé à jouer dans le renforcement de la souveraineté économique et industrielle du Canada. Une véritable fenêtre d’opportunités s’offre à nous. Ces perspectives favorables ne peuvent être freinées par le bras de fer entre Québec et Ottawa sur le sujet de la main-d’œuvre étrangère. Tous doivent prendre leurs responsabilités et soutenir une vision politique claire, dans un agenda cohérent »
Marc Cadieux, président-directeur général, Association du camionnage du Québec

« L’industrie électrique du Québec connaît une phase de croissance sans précédent. Une étude réalisée en 2024 avec El Expertise et IQ estime les besoins à plus de 7 000 travailleurs manufacturiers et 6 500 ingénieurs supplémentaires. Malgré les investissements en formation, automatisation et intelligence artificielle, les besoins de main-d’œuvre demeurent majeurs. L’accès aux travailleurs étrangers temporaires constitue donc un levier essentiel pour soutenir la croissance des entreprises et la compétitivité du Québec »
Marie Lapointe, présidente-directrice générale, Association de l’industrie électrique du Québec

« Les travailleurs étrangers temporaires sont essentiels au bon fonctionnement de l’industrie de la restauration au Québec. Depuis 2021, plus de 21 000 d’entre eux ont contribué aux activités des établissements de restauration partout au Québec et sont devenus des membres appréciés de leurs équipes. Sans eux, des restaurants risquent de fermer leurs portes ou, dans le moins pire des cas, réduire leurs heures d’ouverture et offrir ainsi moins de service à la population. Il est temps de réduire la lourdeur et les restrictions reliées à leur renouvellement de permis, car ils sont une partie importante de l’équation »
Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales, Association Restauration Québec

« Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, les travailleurs étrangers temporaires jouent un rôle crucial pour maintenir la compétitivité, la capacité industrielle et la fluidité des activités maritimes, logistiques et de construction navale au Québec »
Mathieu St-Pierre, président-directeur général, Société de développement économique du Saint-Laurent

« Les travailleurs étrangers temporaires sont une pièce maîtresse du tissu économique québécois, et le commerce de détail représente bien davantage que ses vitrines : des milliers d’entrepôts, de centres de distribution, de gestionnaires et de chaînes logistiques qui font tourner l’économie du quotidien. Derrière chaque travailleur étranger temporaire se trouve une entreprise qui tient le coup, une chaîne d’approvisionnement fonctionnelle et un service que la population peut encore utiliser. Fragiliser cette main-d’œuvre, c’est fragiliser l’ensemble de la chaîne, des usines aux entrepôts, des commerces aux villages »
Michel Rochette, président – Québec, Conseil canadien du commerce de détail

« Les détaillants en alimentation sont bien plus que des commerces de services : ce sont de véritables incubateurs d’intégration. Nos entreprises offrent à des nouveaux arrivants une expérience de travail en français, dans un secteur qui souhaite les voir grandir. Pour nous, travailler avec des travailleurs étrangers temporaires ne se fait pas par dépit, mais par choix. C’est une relation enrichissante, marquée par un échange culturel et un véritable effort d’intégration, bénéfique à la fois pour l’entreprise et pour les employés. Ils sont aussi essentiels à nos commerces, que nous le sommes pour nos communautés »
Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général, Association des détaillants en alimentation du Québec

« L’accès des ressources humaines supplémentaires ayant une expertise comme celle qu’on retrouve chez certains travailleurs étrangers temporaire est cruciale pour nos membres car elle leur permet d’avoir la capacité de conserver, voire d’augmenter leur niveau d’expertise pour répondre aux besoins de leur clientèle industrielle »
Martin Tardif, vice-président, Association des entrepreneurs spécialisés en procédé industriel du Québec

« Au cours des derniers mois, les décisions du gouvernement du Québec en matière d’immigration ont jeté des milliers de travailleurs, d’étudiants internationaux et de chercheurs déjà établis au Québec, francisés et intégrés dans une profonde incertitude quant à leur avenir. Elles ont également affaibli des secteurs économiques clés, des établissements d’enseignement et de recherche, ainsi que la capacité du Québec et de la métropole à attirer et à retenir les talents dont nous avons pourtant un besoin pressant »
Isabelle Melançon, présidente directrice-générale, Institut de développement urbain

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Source :

Anne-Sophie DesRoches
Conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales
Conseil du patronat du Québec
medias@cpq.qc.ca
Cell. : (514) 238-1825

À propos du CPQ
Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70 000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic. www.cpq.qc.ca

Contact pour les médias

Olivier Poulin
Directeur, Communications et marketing

(514) 970-7211

opoulin@ahgm.org

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